Wine-in-France

Institut d'Œnologie  Week-end Grands Crus  Vins et Vignerons

Millésimes du Vin

Un Siècle de Vendanges et de Vins

2013


Encore un millésime difficile à gérer en raison d'une météo calamiteuse : froid persistant, humidité, grêle, rien ne fut épargné aux vignerons.

Pour les Bordelais, le millésime fut le plus éprouvant depuis quarante ans. Sous des pluies diluviennes, les vendanges furent précipitées en raison de la pourriture galopante. Au final, le volume de la récolte est le plus faible depuis 1991 et les vins sont légers et acides. Les blancs s'en sortent mieux, en particulier les Sauternes qui jouissent d'une belle acidité.

Millésime 2013

Millésime pareillement compliqué en Bourgogne, où la Côte de Beaune fut frappée par la grêle pour la troisième année consécutive. Le rendement, déjà bien diminué par les pluies de printemps, est dérisoire mais la qualité reste honnête chez les vignerons qui ont bien trié la vendange.

Dans la Vallée du Rhône, les vins n'ont pas l'opulence des années chaudes mais ils gagnent en fraîcheur et en équilibre. Les blancs, au Nord comme au Sud, sont élégants et racés.

Belle qualité homogène en Languedoc, avec des vins rouges harmonieux, au degré modéré. Réussite éclatante en Roussillon, qui enregistre le plus beau millésime depuis 1998. Rouges et blancs sont séveux et expressifs. Les vins doux naturels affichent une finesse exceptionnelle.

2012


Un millésime très éprouvant pour les vignerons avec des conditions climatiques cauchemardesques : gels d'hiver, printemps pluvieux jusqu'à la fin juillet, pression incessante du mildiou et de l'oïdium, orages de grêle, canicule en août et retour de la pluie en octobre.

Millésime 2012

En Médoc, la plupart des vins souffrent du manque de maturité du cabernet sauvignon. Sur la rive droite, où le merlot est plus précoce, les Saint-Emilion et les Pomerol sont plus équilibrés et plus homogènes. En raison d'un rapport qualité/prix insuffisant, les importateurs boudent les primeurs 2012, que l'on retrouvera dans les foires aux vins.

En Bourgogne, le millésime fut sauvé des eaux par un rendement très faible dû aux gels d'hiver et à la coulure de printemps. La qualité d'ensemble est variable mais les meilleurs vins sont harmonieux et complets, notamment en Côte de Nuits et sur la colline des Cortons. Face au déséquilibre entre l'offre et la demande, les prix s'envolent dans toutes les appellations.

Grande réussite en Champagne. Le rendement est de 30% inférieur à la moyenne, mais les vins montrent une richesse et une fraîcheur exceptionnelles. Le grand vainqueur est le pinot noir de la Montagne de Reims.

2011


Au cours d'un été frais et humide, les vignerons durent lutter contre les attaques des cryptogames sur des raisins encore verts. Septembre, chaud et ensoleillé, sauva la donne. La qualité finale, très variable d'un producteur à l'autre, dépend de la date des vendanges et du soin apporté au tri des raisins. En Gironde et en Côte d'Or, le faible volume de la récolte joua en faveur des vignerons.

Qualité hétérogène à Bordeaux où les prix des grands crus restent résolument élevés pour un millésime moyen et de petite garde. Contrairement aux rouges, les vins blancs, nerveux et délicats, affichent un résultat tout à fait honorable.

En Bourgogne, les vins de pinot noir, d'acidité basse, présentent des tannins soyeux et charmeurs. Avec un profil proche des 1997, ils se boiront avec plaisir dans leur jeune âge. Les blancs sont frais et harmonieux : l'élevage en fûts devrait leur apporter volume et profondeur.

Le Beaujolais est à la fête avec un vin gorgé de fruit et rayonnant d'équilibre.

2010


Après l'opulent et sensuel 2009, le millésime 2010 affiche un profil plus classique avec une structure imposante et une acidité élevée. Le volume de la récolte est faible en raison de la coulure pendant la fleur mais les vins, puissants et concentrés, sont bâtis pour une très longue garde.

A Bordeaux, les grands crus du Médoc et de Saint-Emilion pourraient bien, d'ici une vingtaine d'années, surpasser les 2009. Les blancs secs et liquoreux, qui ont bénéficié de la fraîcheur du mois d'août, sont nerveux et racés, d'un équilibre d'école.

Millésime 2010

En Bourgogne, où la partie n'était pas gagnée début septembre, les petits rendements et le savoir-faire des vignerons ont sauvé la mise. Le résultat dépasse toutes les espérances avec des vins harmonieux et purs, d'un grand classicisme. La réussite est spectaculaire en Côte de Beaune avec des rouges longs et séveux et des blancs au fruit croquant.

Cette année encore, les vins de la Vallée du Rhône se montrent particulièrement attractifs. Les Châteauneuf-du-Pape, qui n'ont pas l'opulence des 2009, conjuguent droiture et équilibre.

2009


Un été chaud et sec et des vendanges sous un soleil radieux annoncent un millésime exceptionnel sur tout l'hexagone.

A Bordeaux, les grands vins du Médoc, d'un fruit éclatant et d'une richesse colossale, entrent dans la légende. La réussite est moins homogène sur la rive droite en raison de la surmaturité des merlots et de la puissance en alcool qui caractérise le millésime. Les Sauternes, qui ont bénéficié d'une arrière-saison idéale, sont riches et opulents. Face à la demande des marchés asiatiques, les premiers crus affichent une nouvelle hausse de 300% !

Vins et Millésimes

Les vins de Bourgogne sont denses et séveux, avec une acidité basse, mais la qualité est moins homogène qu'en 2005 en raison d'un rendement parfois excessif. Les meilleurs vins proviennent des terroirs les plus frais (Côte de Nuits et Corton). Les blancs, très mûrs, sont riches et gras.

En Beaujolais, 2009 a donné des cuvées d'anthologie : concentration hors du commun, chair suave et parfums floraux éclatants.

Les vins de la Vallée du Rhône sont puissants et généreux, avec des saveurs gourmandes de fruits mûrs. Hermitage et Côte-Rôtie atteignent des sommets de richesse et de somptuosité.

2008


Le scénario fut quasiment identique à 2007 mais la charge sur les ceps était moindre et les baies, pourvues d'une peau plus épaisse, ont mieux résisté à la pression du mildiou et de l'oïdium. Un peu mieux structurés que les 2007, les vins sont fruités et tendres, de qualité variable. L'acidité élevée signe les années froides.

Les grands crus de Bordeaux, issus de petits rendements, présentent un profil classique. La qualité est fonction de la date de la récolte. Les vins les plus complets sont ceux de Saint-Emilion et de Pomerol où les vendanges se sont prolongées jusqu'en novembre. En raison de l'importance des stocks, les prix sont à la baisse (40 à 50% pour les premiers crus) et les ventes en primeur sont remises en question.

En Bourgogne, les producteurs qui ont trié le raisin à la vigne et aux chais ont produit des vins élégants et charmeurs, plus concentrés qu'en 2007. Les blancs, tendus et séveux, sont particulièrement prometteurs.

Millésime 2008

Grande année en Champagne où l'anticyclone, le vent du nord et l'ensoleillement exceptionnel de septembre ont accéléré la maturation tout en maintenant une acidité élevée. Le millésime 2008, déjà porté aux nues, devrait rejoindre dans la légende les 1990, 1996 et 2002.

2007


Encore un millésime sauvé des eaux par trois semaines de grand soleil en septembre, après un piètre été et un mois d'août désastreux. Sauf exception, les vins sont légers et acides, en raison du manque de maturité de la récolte.

Millésime 2007

La météo fut beaucoup plus clémente en Provence et dans la Vallée du Rhône, où les vins, puissants et fins, ne souffrent d'aucune dilution. Le Châteauneuf-du-Pape, avec des tannins mûrs et soyeux, est particulièrement charmeur.

Bonne surprise en Bourgogne, avec des blancs nerveux et purs, d'une belle minéralité et d'un grand classicisme. Les rouges, fruités et tendres, sont des vins de plaisir immédiat.

En Gironde, les blancs sont séveux et aromatiques, avec une acidité de bon aloi. Les vins liquoreux de Sauternes et de Barsac, comme ceux d'Anjou, sont exceptionnels de finesse et d'équilibre.

2006


Des conditions climatiques extrêmes mirent les nerfs des vignerons à rude épreuve : canicule en juillet, records de froid et de pluie en août, alternance de soleil et d'orages en septembre. Vendangé en toute hâte, le raisin fut trié à la vigne et aux chais pour éliminer toute trace de pourriture.

Millésime 2006

A Bordeaux, les vins les plus harmonieux sont ceux de la rive droite, en particulier les Pomerol, qui bénéficient d'un terroir plus précoce. Rive gauche, les Médoc arborent des tanins anguleux et austères, en raison de l'acidité qui marque le millésime. Belle réussite pour les Sauternes qui allient fraîcheur et opulence.

En Bourgogne, les vins blancs, d'une texture onctueuse et gourmande, s'annoncent très prometteurs, notamment sur Chablis et Pouilly-Fuissé. Les rouges, charnus et souples, sont des vins de plaisir qui se boiront avant les 2005. La réussite est indéniable sur Morey et Chambolle-Musigny.

Très beau millésime dans la vallée du Rhône, avec des vins harmonieux et purs, de style classique. Côte-Rôtie, Hermitage et Châteauneuf-du-Pape sont rayonnants d'élégance et d'équilibre.

Grand millésime classique en Provence, où les 2006 éclipsent déjà les 2005.


2005


Un été chaud, une sécheresse prolongée et un soleil radieux jusqu'à la fin des vendanges ont permis au raisin de mûrir lentement et d'atteindre une maturité exceptionnelle. Du nord au sud, la réussite est éclatante.

Millésime 2005

Année mythique à Bordeaux, où cabernets et merlots ont été vendangés à 14° potentiels dans les grands crus ! Les vins sont gorgés de fruit et de tannins avec de très bonnes acidités, gage d'une longue évolution en bouteille. Les blancs secs et liquoreux, denses, onctueux et frais, offrent un égal bonheur. Face à la pression des investisseurs, les premiers crus montent leurs prix de plus de 300% !

En Bourgogne, la qualité est éblouissante, avec des vins séveux et gourmands, magnifiés par des tannins élégants et racés. Fruit généreux et croquant pour les rouges, richesse et pureté pour les blancs.

Les vignerons de la Loire et du Rhône sont également de la fête, avec des vins amples, voluptueux et rayonnants d'équilibre. En blanc et en rouge, au nord comme au sud, la réussite est totale.


2004


Une année difficile pour les vignerons qui durent lutter contre les attaques incessantes de l'oïdium et du mildiou. Après un été froid et pluvieux, une arrière-saison ensoleillée sauva la mise, mais les records de volume engendrent une qualité disparate.

En Gironde et en Côte d'Or, les vignerons qui ont su limiter le rendement par une taille sévère et des vendanges en vert ont produit des vins fruités et harmonieux, de style classique. Une bonne nouvelle : les grands crus de Bordeaux baissent leurs prix de 10 à 20%.

La nature a été plus généreuse en Provence, où les vins sont charnus et gourmands, avec cette fraîcheur de fruit qui caractérise le millésime. Dans le Vaucluse, où le grenache fut vendangé à maturité exceptionnelle, la réussite est éclatante sur Châteauneuf-du-Pape et Gigondas.


2003


Le millésime de la canicule est exceptionnel à plus d'un titre. La récolte, déjà mise à mal par les gelées de printemps, grilla sous un soleil de plomb. Vendangé dès la mi-août, le raisin affiche une maturité et une richesse en sucre sans précédent. Le résultat est un vin hors norme, d'acidité basse mais d'une concentration exceptionnelle.

Bordeaux annonce des grands crus spectaculaires, notamment sur St-Julien, Pauillac et St-Estèphe. Les vins blancs de Sauternes et de Barsac surpassent, en richesse de liqueur, les glorieux 1947.

Vins et Millésimes

Année historique en Bourgogne, avec des rouges qui ne se comparent qu'aux somptueux 1929 et des blancs riches et onctueux. Les grands crus, livrés au compte-goutte en raison d'un volume confidentiel, sont déjà légendaires, comme le Chambertin de Rebourseau, le Clos des Lambrays ou le Corton-Charlemagne de Rapet Père et Fils.


2002


“Un ensemble de circonstances défavorables”, résume le négociant bordelais Jeffrey Davies. Une conjoncture économique difficile, une concurrence mondiale toujours plus serrée et un millésime de qualité moyenne à médiocre dans le midi. A Bordeaux, les prix sont en baisse de 20%, soit une chute de près de 50% depuis 2000.

Vins et Millésimes

La Bourgogne, qui affiche “une insolente réussite”, bénéficia d'une semaine de grand soleil juste avant les vendanges, tandis que le vent du nord, qui est l'ami du vigneron, contribua à assainir et à concentrer le raisin. Le résultat est spectaculaire, avec des vins rouges profonds et racés et des blancs exceptionnels de richesse et de fraîcheur. Il faut remonter au légendaire 1990 pour retrouver une telle homogénéité qualitative, de Chablis à Mâcon.

Beau millésime en Champagne, avec des vins riches et concentrés qui s'annoncent très prometteurs.

Année faste dans la Vallée de la Loire, où les Vouvray et les Savennières sont remarquables de fraîcheur et d'élégance. Le Muscadet étonne par sa vigueur et sa droiture.


2001


Après un été froid et maussade jusqu'à la mi-septembre, la récolte a été sauvée, in extremis, par deux semaines de chaleur à la veille des vendanges.

Beau millésime en Côte de Nuits, avec des vins séveux et délicats, rayonnants d'équilibre, d'une texture plus serrée qu'en 2000. Quelques réussites spectaculaires sur Gevrey-Chambertin et Vosne-Romanée.

Vins et Millésimes

A Bordeaux, les vins rouges les plus complets sont les St-Emilion et les Pessac-Léognan. Les vins blancs sont superbes, en particulier les Barsac et les Sauternes, qui ont bénéficié de conditions climatiques idéales.

Les blancs de Loire sont pareillement exceptionnels, avec une mention spéciale pour les liquoreux d'Anjou et de Touraine.


2000


Robert Parker fut le premier à annoncer une qualité exceptionnelle à Bordeaux, notamment en Médoc et dans les Graves. Face à une conjecture économique favorable et à une demande sans précédent pour le premier millésime du siècle, les prix des grands crus, en primeur, ont pulvérisés tous les records.

Récolte abondante en Bourgogne, malheureusement diluée par la pluie. En Côte de Beaune, on vendangea le pinot noir avant maturité complète en raison des attaques du botrytis. Le chardonnay, grâce à sa peau épaisse, a été préservé de la pourriture grise. Excellents Chablis, Meursault, Chassagne et Puligny qui rivalisent d'élégance et d'ampleur.

Beau millésime en Val de Loire, avec des Savennières et des Vouvray dignes de tous les éloges.

Année exceptionnelle à Châteauneuf-du-Pape, Gigondas et Cairanne où les vins affichent une concentration hors du commun.


1999


Année exceptionnelle en volume. En Bourgogne, la qualité est époustouflante chez les vignerons qui ont eu la sagesse de vendanger en vert au début de l'été afin de limiter la charge des ceps. Les domaines Henri Rebourseau, à Gevrey-Chambertin, Méo-Camuzet, à Vosne-Romanée, Lejeune, à Pommard, ont produit des cuvées d'anthologie.

Vins et Millésimes

Belle qualité homogène en Beaujolais et en Côtes du Rhône, où les rendements sont restés relativement modestes.

A Bordeaux, des trombes d'eau se sont abattues sur le vignoble pendant trois semaines, dès la mi-septembre. Il fallait vendanger très vite, comme à Lafite, où l'on recruta plus de quatre cents personnes. La qualité d'ensemble s'est révélée supérieure aux prévisions les plus optimistes, avec quelques réussites spectaculaires sur St-Emilion et Pomerol.


1998


Après un été chaud et sec, le millésime se révèle exceptionnel dans les Côtes du Rhône, en Provence et dans le Languedoc-Roussillon.

A Bordeaux, les négociants saluent “l'année du merlot”. La réussite est générale à St-Emilion et Pomerol, avec des vins puissants aux tannins mûrs et veloutés. En Médoc, les cabernets, plus tardifs que les merlots, ont été vendangés sous la pluie. On y trouve néanmoins de belles réussites, notamment les châteaux d'Armailhac, Giscours, Calon Ségur, Lafite et Mouton Rothschild.

Vins et Millésimes

Petite récolte de qualité en Bourgogne, avec des vins plus fermes et plus tanniques qu'en 1997. Qualité exceptionnelle sur Pommard et Gevrey-Chambertin.


1997


Beau millésime en Bourgogne, avec des pinots noirs suaves et parfumés, plus souples que les 1996, et des chardonnays superbes, étonnamment précoces. La réussite est exceptionnelle à Chablis et en Côte Châlonnaise. Les crus du Beaujolais se signalent par leur équilibre et leur finesse.

Vins et Millésimes

A Bordeaux, la qualité est irrégulière en raison des orages de la fin août. Les Sauternes, qui ont bénéficié d'une arrière-saison idéale, sont riches et racés, en particulier les châteaux Climens, Coutet, Doisy-Daëne, Rieussec et Rayne-Vigneau.

Dans la vallée de la Loire, les vins moelleux d'Anjou et de Touraine sont pareillement exceptionnels.


1996


Grande année en volume et en qualité. Des raisins magnifiques ont été récoltés sous un ciel serein. La réussite est spectaculaire en Champagne, dans la vallée de la Loire et dans le Jura.

Vins et Millésimes

Vins nerveux et racés en Bourgogne, avec des blancs d'anthologie, notamment à Chablis et en Corton Charlemagne.

En Gironde, les châteaux Léoville Las Cases, Grand Puy Lacoste, Pontet Canet, Montrose et Calon Ségur, entre autres, sont rayonnants de splendeur. Sur la rive droite, le merlot ayant souffert des pluies diluviennes de l'été, les vins sont moins homogènes qu'en Médoc. Le marché reste frénétique, avec une hausse de 50% sur les crus les plus convoités.


1995


Un été chaud et sec donna enfin le grand millésime attendu. Du nord au sud, les vins se caractérisent par leur homogénéité et leur franchise d'expression.

A Bordeaux, face à la demande internationale, les grands crus montèrent leurs prix de 30% dès la première tranche. Les châteaux Pichon Lalande, Ducru Beaucaillou, Mouton-Rothschild, Latour, Lafite et Angélus sont les crus les plus harmonieux.

Petite récolte de qualité en Bourgogne, avec des vins puissants et fins, notamment en Côte de Nuits et à Chassagne Montrachet.

Réussite exceptionnelle dans les vallées de la Loire et du Rhône.


1994


Année irrégulière. Comme en 1991, 1992 et 1993, la pluie fut au rendez-vous de septembre, déversant des trombes d'eau pendant trois semaines.

A Bordeaux, les crus classés, qui ont écarté du grand vin 30 à 40% de la récolte, apparaissent plus concentrés que les 1993, notamment les châteaux Haut-Brion, La Mission Haut-Brion, Cheval-Blanc et Beauséjour Bécot. Vendangés avant les pluies, les Graves blancs sont éblouissants de pureté et d'équilibre.

En Bourgogne, les vins rouges, légers et délicats, se comparent aux 1992. Les blancs sont gras et charmeurs.


1993


Millésime “sauvé des eaux”. Après un été magnifique, on vendangea sous une pluie battante et continue. A la fin des vinifications, les viticulteurs furent les premiers surpris par la couleur radieuse et la fermeté des vins.

Les Bordeaux, qui manquent d'équilibre, présentent des tannins anguleux sur un corps maigre et décharné. Ils sont à boire sans attendre.

Il n'en est pas de même en Bourgogne, où les vins rouges de la Côte de Nuits, par leur richesse aromatique et la puissance de leurs tannins, talonnent les glorieux 1990.


1992


Année pléthorique. En Gironde, on vendangea sous la pluie des raisins gorgés d'eau qui engendrèrent une marée de vins légers et sans grand caractère.

Millésime 1992

En Bourgogne, où le chardonnay fut récolté avant les pluies, les vins blancs se révélèrent exceptionnels d'équilibre et de pureté de saveur. Le Montrachet du Baron Thénard, d'une richesse hors norme, commence seulement à s'épanouir.


1991


Petite récolte de qualité irrégulière. En Gironde, le gel du 21 avril frappa durement la vigne, notamment sur le secteur de Pomerol et de St-Emilion. Après un mois d'août exceptionnellement chaud, le raisin fut malheureusement dilué par les pluies de septembre.

Les vins rouges de Bourgogne, contre toute attente, ont superbement évolué.


1990


Millésime exceptionnel en qualité comme en quantité. En Bourgogne, les vins rouges, par leur équilibre et leur richesse de sève, rappellent les somptueux 1947. Les vins blancs, qui n'ont pas l'opulence des 1989, séduisent par leur fraîcheur et leur délicatesse.

Vins et Millésimes

A Bordeaux, les châteaux Sociando Mallet, Pichon Longueville, Haut-Brion, La Conseillante, Angélus et Gazin sont des modèles de charme et de distinction. L'acidité est basse, en raison du volume de la récolte, mais les tannins sont puissants et veloutés.

Vendangés avant les rouges, les Sauternes enregistrent des records de richesse et d'onctuosité.


1989


Année généreuse et précoce, due à un temps idéal. En Gironde, les merlots étaient déjà mûrs à la fin août, mais les cabernets, malgré leur richesse en sucre, n'atteignirent leur maturité optimale que dans la deuxième semaine d'octobre. La date des vendanges fut un facteur déterminant de réussite. Les châteaux Haut-Brion, La Mission Haut-Brion, Lynch-Bages, Léoville Las Cases, Palmer, Pavie et Pétrus sont spectaculaires de puissance, de volume et de gras.

En Bourgogne, les vins blancs, riches et voluptueux, sont devenus des classiques. Les rouges, avec leurs tannins veloutés, sont excellents.


1988


Excellent millésime. En Bourgogne, les vins rouges, tanniques et racés, entrent dans une phase de dialogue, après une longue période de mutisme. Les blancs, nerveux et délicats, arrivent à maturité.

Millésime 1988

A Bordeaux, les châteaux Lafite, Léoville Las Cases, Calon Ségur, Ausone, Angélus, Lafleur et Pétrus se signalent par la puissance de leurs tannins. Dans l'ensemble, les crus de la rive droite apparaissent plus riches que les Médoc. Les Graves blancs sont exceptionnels d'équilibre et d'élégance, tandis que les Sauternes s'apparentent, par leur somptuosité, aux fabuleux 1937.


1987


Année moyenne, dont les vins, légers mais agréables, furent totalement éclipsés par leurs prestigieux rivaux. En Bourgogne, les vins rouges, qui ont fort bien vieilli, sont surprenants de finesse et d'élégance.


1986


Excellent millésime à Bordeaux, où les Médoc, sous leur robe sombre et leurs tannins sévères, s'affirment en tant que puissants vins de garde. Les châteaux Lafite, Mouton-Rothschild, Margaux, Pichon Lalande, Léoville Las Cases et Cos d'Estournel pourraient bien défier les 1982. Les crus de la rive droite sont moins imposants, à l'exception du Vieux Château Certan. Les vins liquoreux, richement botrytisés, sont exceptionnels.

En Bourgogne, les vins rouges, issus de raisins délavés par les orages, furent maigres et acides. La plupart sont sur le déclin. Les vins blancs, qui furent excellents, sont à boire sans attendre.


1985


Année exceptionnelle. En Gironde, les St-Emilion, veloutés et suaves, ont une concentration égale aux 1982, avec un surcroît de finesse. Les Médoc, plus tendres, séduisent par leur élégance et leur précocité. Les châteaux Cheval-Blanc, L'Arrosée, Soutard, Pichon Lalande et Lynch Bages se distinguent par leur richesse et leur équilibre.

Vins et Millésimes

En Bourgogne, les vins rouges, charmeurs et voluptueux dès leur plus jeune âge, vieillissent avec bonheur. Les blancs sont des modèles de richesse et de complexité aromatique.

Grande réussite en Champagne, avec des blancs de blancs incomparables.


1984


Petit millésime. Un climat défavorable s'installa dès le printemps, avec la coulure de la fleur, jusqu'aux vendanges, qui furent interrompues à Bordeaux par un cyclone. Les vins, lourdement chaptalisés, furent très modestes.


1983


Bon millésime en Gironde, avec des vins généreux et colorés, d'évolution plus rapide que les 1982. L'Evangile, Vieux Château Certan, Cheval Blanc, Margaux, Palmer et Pichon Lalande sont les crus les plus harmonieux.

En Côte d'Or, en dépit des assertions optimistes de la presse, l'année se révéla désastreuse pour les vins rouges, en raison de la pourriture grise qui envahit le vignoble. Malgré les tris pratiqués à la vendange, la plupart des vins furent oxydés quelques années après la mise.


1982


Année généreuse en quantité comme en qualité. La réussite fut générale à Bordeaux, avec des vins riches et charmeurs, dont la texture veloutée évoque immanquablement les 1929. Les châteaux Lafite, Mouton Rothschild, Margaux, Léoville Las Cases, Pichon Lalande et Cheval Blanc, notés 100/100 par Robert Parker, sont entrés dans la légende.

La récolte fut également pléthorique en Bourgogne, où les orages de l'été ont malheureusement dilué le raisin. Les vins rouges, légers et tendres, sont encore agréables.


1981


Bon millésime en Gironde, avec des vins élégants et souples. Les Graves, par la noblesse de leurs tannins, apparaissent plus complets que les Médoc, notamment le Château Haut-Brion et le Domaine de Chevalier. Les vins du sauternais, en particulier les Barsac, sont rayonnants de fraîcheur et d'équilibre.

En Bourgogne, les vins rouges se sont montrés, pour la plupart, maigres et décevants.

Dans la vallée du Rhône, les Châteauneuf-du-Pape sont excellents, en particulier le Château Fortia.


1980


Année médiocre. Après un été maussade et une arrière-saison relativement clémente, la date des vendanges coïncida avec l'arrivée des pluies. Les vins, dans l'ensemble, furent légers et peu convaincants.

Vins et Millésimes

Il y eut toutefois quelques surprises agréables parmi les Sauternes et les Côtes de Nuits.


1979


Une récolte généreuse produisit des vins fruités et harmonieux. En Gironde, les St-Emilion et les Pomerol, riches et colorés, se sont révélés supérieurs aux 1978. Les châteaux Margaux, Pichon Lalande, Haut-Brion, Lafleur, Certan de May et Le Pin sont actuellement les crus les plus prisés.

En Bourgogne, les vins blancs demeurent des modèles d'élégance et d'équilibre.


1978


Baptisée “l'année du miracle”, le millésime fut sauvé, in extremis, par une arrière-saison splendide. La qualité fut exceptionnelle dans la vallée du Rhône et en Bourgogne, où les grands crus, rouges et blancs, sont devenus des classiques.

Les vins rouges de Bordeaux, délicats et tendres, ont évolué plus vite que prévu et sont aujourd'hui sur le déclin. En revanche, les grands crus blancs des Graves sont encore séduisants, en particulier les châteaux Haut-Brion, Laville Haut-Brion et le Domaine de Chevalier.


1977


Année malheureuse. De sévères gelées de printemps furent suivies d'un été froid et humide. On récolta, en octobre, des raisins verts et acides. Le vin qui en résulta fut maigre et globalement décevant.


1976


Grand millésime en Bourgogne. Après une sécheresse accablante, on vendangea des raisins concentrés qui donnèrent un vin aux tannins puissants, d'une richesse exceptionnelle. Les grands crus, qui ont évolué lentement, commencent seulement à s'exprimer.

Millésime 1976

Les Bordeaux, dilués par la pluie, sont élégants et souples. Les châteaux Montrose, La Lagune, Lafite, Ausone, Figeac et Latour à Pomerol, entre autres, se signalent par leur plénitude et leur équilibre. Les Sauternes, sous leur robe d'ambre, sont opulents et stylés.


1975


Année exceptionnelle en Gironde. Les vins rouges, tanniques et colorés, semblent bâtis pour une très longue garde. A l'heure actuelle, la plupart des crus sont fermés et résolument austères. Les St-Emilion et surtout les Pomerol apparaissent plus harmonieux que les vins de la rive gauche, notamment les châteaux Lafleur, L'Evangile, Trotanoy et Pétrus.

Millésime 1975

Les blancs liquoreux de Sauternes et de Barsac, élégants et majestueux, sont exceptionnels.

L'année fut désastreuse en Bourgogne, sauf à Chablis, où les grands crus se révélèrent magnifiques.


1973, 1974


En 1973, les trombes d'eau qui s'abattirent sur le vignoble le 15 septembre noyèrent de grands espoirs. On vendangea des raisins détrempés qui donnèrent une marée de vins légers et sans caractère. Le scénario fut à peu près identique en 1974, mais les vins, plus colorés et mieux structurés que les 1973, évoluèrent favorablement.

En Gironde, après la révélation du scandale de Bordeaux, les clients désertèrent la place et les grands crus furent bradés dans les rayons des surpermarchés.


1972


Année médiocre en Gironde, avec des vins acides et fluets. Grisés par l'euphorie des années précédentes, les producteurs bordelais réussirent à vendre leurs crus classés à des prix exorbitants. Lorsque la presse internationale révéla la médiocrité du vin, ce fut l'effondrement des cours et la déconfiture des spéculateurs.

En Bourgogne, les grands crus ont superbement évolué et sont aujourd'hui rayonnants d'équilibre et de distinction.


1971


Une petite récolte produisit des vins harmonieux et flatteurs, largement surévalués à Bordeaux. Sous la pression des investisseurs, les prix aux châteaux atteignirent des hauteurs vertigineuses. Les Médoc, qui n'avaient ni la richesse ni la concentration des 1970, vieillirent prématurément. Sur la rive droite, quelques crus se distinguèrent par leur vigueur et leur plénitude, en particulier Pétrus, Trotanoy et La Dominique.

Les Barsac et les Sauternes furent excellents, en particulier les châteaux Climens, Coutet et Yquem.


1970


Millésime exceptionnel en qualité et en quantité. Les Bordeaux, riches et colorés, furent savoureux dès leur plus jeune âge. Tous les crus étaient remarquables, sur la rive droite comme sur la rive gauche. La demande était telle que les châteaux montèrent leur prix à chaque tranche, passant parfois du simple au double en l'espace de quelques mois.

Les vins, qui ont évolué lentement mais sûrement, sont grandioses à l'heure actuelle, en particulier les châteaux Palmer, Lynch-Bages, Latour, La Mission Haut-Brion, La Conseillante, Trotanoy et Pétrus.

Très belle réussite en Alsace et en Champagne, où le volume était si abondant qu'il fallut stocker du vin sur les péniches de la Marne, faute de place dans les caves.


1969


En Gironde, après un été chaud et radieux, des pluies torrentielles inondèrent le vignoble en septembre, noyant les plus beaux espoirs. Les vins, maigres et austères, se vendirent à des prix élevés en raison du nouvel engouement des spéculateurs pour l'or rouge.

En Bourgogne, une arrière-saison plus clémente engendra des vins riches et concentrés, qui sont aujourd'hui de grands classiques.


1968


Un record de pluie fut enregistré en août. On vendangea des raisins gorgés d'eau qui donnèrent un vin délavé. Le désastre fut général. Tous les St-Emilion furent déclassés, à l'exception du Château Figeac.

En Bourgogne, la vente publique des Hospices de Beaune fut annulée et aucun rouge ne fut mis en bouteille au Domaine de la Romanée Conti.


1967


Une récolte prolifique engendra des vins légers et tendres, qui furent agréables dans leur jeune âge. En Gironde, les crus de la rive droite furent plus complets que les Médoc. Les châteaux Cheval-Blanc, Pétrus et Trotanoy, sans doute les meilleurs vins du millésime, se sont montrés supérieurs aux 1966.

Les Sauternes furent exceptionnels et Yquem est un chef-d'œuvre absolu.


1966


Grand millésime, avec des vins denses et colorés, qui furent accueillis avec enthousiasme. Les Bordeaux, cependant, évoluèrent de façon imprévue. Beaucoup de vins ont perdu leur fruit tout en conservant des tannins rudes et austères.

A côté de ces crus décevants, d'autres ont superbement vieilli et se montrent aujourd'hui dans toute leur splendeur, en particulier les châteaux Latour, Palmer, Léoville Las Cases, Pichon Lalande, Calon Segur et La Mission Haut-Brion.


1965


Année désastreuse. Les pluies continuelles de septembre favorisèrent la pourriture grise qui envahit le vignoble. Le vin qui en résultat fut pitoyable. Il n'en reste qu'un triste souvenir.


1964


Très beau millésime pour les viticulteurs qui vendangèrent avant les pluies. Ceux qui décidèrent d'attendre pour récolter des raisins surmûris virent leurs espoirs déçus. Une pluie incessante, à partir du 8 octobre, altéra considérablement la vendange.

En Médoc, Lafite, Mouton-Rothschild, Lynch-Bages et Calon-Ségur firent le mauvais choix. Les vignobles de la rive droite, plus précoces que les Médoc, produisirent d'excellents vins, en particulier Figeac, Soutard et Vieux Château Certan. Dans les Graves, Haut-Brion, harmonieux et racé, connut un succès notoire.

Grand millésime classique en Bourgogne, avec des vins riches et veloutés, encore superbes aujourd'hui.


1963


Année catastrophique. Un été froid et pluvieux engendra un vin pâle et fluet, si léger qu'on ne put le sauver, même à grand renfort de sucre. Seul le Château Latour réussit à produire un vin honorable, véritable prouesse qui étonne encore aujourd'hui.


1962


Une récolte généreuse donna des vins fruités et tendres, très agréables dans leur prime jeunesse. En Gironde, Pétrus, Mouton-Rothschild, Palmer et Gruaud Larose, plus concentrés que leurs pairs, furent les crus les plus harmonieux.

L'arrière-saison fut favorable aux Sauternes. Les châteaux Yquem, Climens, Coutet et Rayne Vigneau, entre autres, furent remarquables d'équilibre et de fraîcheur.

Les vins de Bourgogne, merveilleux en blancs comme en rouges, sont supérieurs aux glorieux 1961.


1961


Grand millésime classique. De sévères gelées de printemps réduisirent de moitié la charge des grappes sur les ceps. Après un été chaud et sec, on vendangea des raisins exceptionnellement concentrés, qui donnèrent un vin riche et puissant, d'un équilibre souverain. Du nord au sud, la réussite est partout spectaculaire.

La presse annonça le millésime du siècle et les prix s'élevèrent, notamment à Bordeaux, vers des hauteurs vertigineuses. En Alsace, Jean Hugel déclare : «1961 est le plus grand millésime de ma vie ! »

Vins et Millésimes

Aujourd'hui au faîte de leur gloire, les châteaux Haut-Brion, La Mission Haut-Brion, Latour, Margaux, Gruaud Larose, Palmer, Cheval-Blanc et Pétrus, entre autres, sont rayonnants de splendeur.


1960


Récolte abondante de raisins dilués par la pluie. Vins légers, souvent chaptalisés à l'excès, qui n'ont pas laissé de grands souvenirs.


1959


Très grande année. Après un été exceptionnellement chaud, on vendangea des raisins mûrs et concentrés, qui donnèrent un vin riche et voluptueux, de très longue garde.

“A Sancerre, raconte Edmond Vatan, on se levait la nuit pour vendanger aux premières heures, avant que la chaleur ne devienne insupportable”. Les vins de Loire, de Bourgogne, de Champagne et du Rhône furent pareillement exceptionnels.

En Médoc, les Pauillac et les St-Julien atteignirent des sommets d'élégance et de plénitude. Lafite devint légendaire pour son bouquet floral et majestueux. Les châteaux Léoville Barton, Ducru Beaucaillou, Gruaud Larose et Beychevelle, entre autres, sont toujours éblouissants de charme et d'équilibre. Les vins blancs liquoreux, somptueux, sont devenus des classiques incontournables.


1958


Année moyenne, avec des vins légers et sans prétention, qui furent agréables jusqu'à la fin des années soixante. En Gironde, les châteaux Latour, Mouton-Rothschild et surtout La Mission Haut-Brion, plus concentrés que leurs pairs, se distinguèrent par leur ampleur et leur élégance.


1957


Après un été maussade, une maigre récolte produisit des vins fermes et résolument austères. Le Château Cos d'Estournel, puissant et harmonieux, fut certainement le meilleur vin du Médoc. Dans les Graves, Haut-Brion et Haut-Bailly furent remarquables d'équilibre et de finesse.


1956


Millésime catastrophique. Ce fut l'année des terribles gelées qui frappèrent la France, en février, après une période de douceur inhabituelle, causant la perte de milliers de pieds de vigne. Le vignoble bordelais fut le plus sévèrement touché, notamment les crus de Pomerol et de St-Emilion.

En Bourgogne, les Hospices de Beaune annulèrent la vente et le Chablis Grand Cru fut déclassé.


1955


Grand millésime, en volume et en qualité. Les Bordeaux, élégants et flatteurs, bénéficièrent d'une bonne presse et se vendirent à des prix élevés. Pape Clément, Cos d'Estournel, Ducru Beaucaillou, Vieux Château Certan et Figeac furent les crus les plus complets.

Aujourd'hui, ce sont des vins légers, couleur acajou, qui séduisent encore par leur texture de soie et leur bouquet délicat. Les Sauternes furent excellents, et Yquem demeure un grand classique.


1954


Année médiocre. On vendangea sous la pluie des raisins délavés, qui donnèrent un vin pâle et fluet. Les Bordeaux, à l'exception des châteaux Margaux et Latour, vieillirent prématurément.


1953


Grande année, avec des vins fruités, harmonieux et charmeurs. Les Médoc connurent un succès immédiat. Lafite, Margaux, Mouton-Rothschild, La Mission Haut-Brion et La Tour de Mons furent les crus les plus prisés. Les vins du libournais, plus irréguliers, n'ont pas eu la richesse de saveur des 1952.

Les vins de Bourgogne, de Loire et de Champagne furent aussi charmeurs que les Bordeaux, mais il fallait les boire jeunes. La plupart sont aujourd'hui sur le déclin.


1952


Petite récolte qui donna des vins fermes et austères, excessivement tanniques. Mieux équilibrés que les Médoc, les St-Emilion et les Pomerol furent excellents. Figeac, Gaffelière Naudes, Vieux Châteaux Certan, Lafleur-Pétrus et La Croix de Gay furent remarquables de concentration et de puissance.

Les grands crus de Bourgogne et du Rhône, solides et charpentés, sont encore intéressants.


1951


Une vendange misérable fut noyée sous des trombes d'eau. Les vins, lourdement chaptalisés, se négocièrent à vils prix.


1950


Grosse récolte diluée par la pluie. Vins légers mais harmonieux, qui évoluèrent mieux que prévu. Vendus à des prix modestes, ils se révélèrent d'excellentes affaires pour leurs acquéreurs.

Millésime 1950

En Gironde, les châteaux La Mission Haut-Brion, L'Evangile, Cheval Blanc, Figeac et Soutard furent les crus les plus intéressants.


1949


Millésime exceptionnel, avec des vins concentrés et puissants, qui ont magnifiquement évolué, allant jusqu'à défier les glorieux 1947 et 1945. La réussite est partout éclatante.

En Médoc, Mouton-Rothschild est entré dans la légende pour sa puissance colossale, tandis que Lafite et Margaux s'imposèrent par leur équilibre majestueux. Dans le libournais, Pétrus, éblouissant de richesse, s'éleva au niveau du légendaire 1947.

Les Sauternes furent également somptueux, notamment les châteaux Coutet, Climens, Rieussec et Yquem.


1948


Une vendange honorable produisit des vins durs et austères, d'acidité élevée, mais qui évoluèrent avec grâce.

En Médoc, les châteaux Léoville Barton et Brane Cantenac se distinguèrent par leur équilibre et leur finesse. Dans les Graves, La Mission Haut-Brion fut remarquable de vigueur et d'harmonie.


1947


Grande année classique, avec des vins charmeurs et voluptueux, dont la douceur rappelait les 1929. Réussite spectaculaire en Bourgogne, en Champagne et dans la vallée de la Loire.

En Gironde, les vins les plus riches furent les St-Emilion et les Pomerol, qui devinrent légendaires. Pétrus et Cheval-Blanc, suaves et opulents, sont devenus des vins mythiques, recherchés sur les cinq continents.

Dans le sauternais, Yquem et Climens furent pareillement glorieux. Les vins du Médoc, excellents dans leur prime jeunesse, furent ensuite desservis par leur richesse en sucre. Nombre d'entre eux souffrirent d'un excès d'acidité volatile.


1946


Petit millésime de peu d'intérêt, totalement éclipsé par ses illustres concurrents. Il y eut néanmoins quelques bonnes surprises, notamment les châteaux Mouton-Rothschild et Latour.


1945


Glorieux entre tous, le millésime de la victoire connut un succès commercial sans précédent. La récolte fut exceptionnellement faible, en raison d'une gelée de printemps catastrophique. Après un été idéal, on vendangea des raisins mûrs et concentrés, qui donnèrent un vin de légende.

Les Bordeaux, riches de leurs tannins puissants, évoluèrent lentement mais sûrement. Les châteaux Lafite, Latour, Mouton-Rothschild, Calon Ségur, Palmer, Soutard et Yquem, entre autres, devinrent des classiques incontournables. A l'heure actuelle, ces vins sont toujours éblouissants de richesse, d'harmonie et de distinction.

Les vins de Bourgogne, de Champagne, du Rhône et de Loire sont pareillement exceptionnels.


1943, 1944


En 1943, la récolte fut globalement satisfaisante. A Bordeaux, les crus les plus complets furent les St-Emilion, les Pomerol et les Sauternes.

En 1944, une vendange abondante engendra un vin mince, de peu de couleur, qui fut vite bu et vite oublié.


1940, 1941, 1942


Sous l'occupation allemande, la production et la commercialisation des vins étaient fortement perturbées. En 1940 et en 1941, les récoltes furent médiocres, en quantité comme en qualité.

En revanche, 1942 fut un millésime honorable, avec des vins fruités et harmonieux.


1938, 1939


En 1938, une petite récolte donna des vins légers, mais agréables. En Médoc, les châteaux Latour et Léoville Las Cases se distinguèrent par leur équilibre et leur longévité.

Le millésime 1939 fut beaucoup plus généreux en volume, mais de qualité très moyenne.


1937


Vins robustes et charpentés, très austères au départ, mais qui ont évolué favorablement. En Médoc, les vins furent souvent desservis par des tannins trop présents. En revanche, les Saint-Emilion, les Pomerol et les Graves, comme en 1934, furent beaucoup plus harmonieux.

Dans le sauternais, les châteaux Coutet, Climens et Yquem produisirent de somptueux nectars, élégants et racés, très prisés de nos jours.

Grand millésime classique en Bourgogne avec des rouges et des blancs solides, plein de feu, encore stupéfiants aujourd'hui.


1935, 1936


En 1935, une vendange abondante mais inégale marqua peu les esprits, sauf en Alsace et en Bourgogne où la qualité fut plus qu'honorable.

Le millésime 1936 fut encore plus décevant.


1934


Une récolte généreuse donna un vin excessivement tannique. Les Bordeaux étaient particulièrement austères, à l'exception des Saint-Emilion et des Pomerol, qui furent excellents. Cheval-Blanc, riche et velouté, fut le meilleur vin du millésime, suivi de près par Figeac, La Gaffelière et Clos Fourtet. L'année fut également favorable aux Sauternes, qui furent harmonieux et racés.

Millésime 1934

Grand millésime en Alsace et en Bourgogne, où Camille Rodier fonda, à Nuits Saint-Georges, la confrérie des Chevaliers du Tastevin : “un rayon de soleil dans la nuit des caves”. Elle s'installera au Château du Clos Vougeot en 1947.


1933


Après trois années désastreuses, alors que le cauchemar de la crise économique commençait à s'estomper, le millésime 1933 fit naître un nouvel espoir.

Petite récolte de bonne qualité en Anjou, en Touraine et en Côte d'Or, où les vins furent harmonieux et distingués.


1930, 1931, 1932


Une période noire pour les producteurs, qui virent se succéder trois années catastrophiques. En 1930, le vin était si décharné qu'il ne trouva pas d'acheteur. Il fut consommé sur place.

Le millésime 1931, vendangé sous une pluie battante, donna un vin fluet et acide, qui ne suscita guère d'intérêt.

Nouvel échec l'année suivante, en 1932, avec un vin qui fut qualifié “d'exécrable” par les négociants bordelais.


1929


Millésime voluptueux qui suscita l'enthousiasme, dès sa naissance, par sa précocité, par son charme immédiat, par sa douceur et par sa richesse somptueuse. Tous les vignobles furent touchés par la grâce. L'Année du Siècle ? Il faut bien admettre que les grands millésimes postérieurs, comme 1945 ou 1961, n'ont pas eu l'opulence légendaire de 1929.

A Bordeaux, les crus les plus spectaculaires, encore somptueux aujourd'hui, sont les châteaux Mouton-Rothschild, Léoville Poyferré, Pichon Longueville, Latour, Pontet-Canet, Lanessan et La Tour de Mons.

Les Sauternes furent pareillement exceptionnels, et Yquem, monumental, n'a rien perdu de son panache.


1928


Grand millésime classique. Une récolte généreuse, après un été exceptionnellement chaud, produisit des vins solides, fortement charpentés.

Les Bordeaux 1928 étaient plus durs, plus sévères que les opulents 1929, mais le temps joua en leur faveur, et ils réussirent à surpasser, en durée de vie, leurs glorieux cadets. Les châteaux Léoville Las Cases, Palmer et Haut-Bailly se distinguèrent par leur élégance et leur plénitude. Lafite, en revanche, connut un échec notoire.

Année glorieuse en Champagne, en Alsace et en Côte de Beaune, avec des Meursault ambitieux et fiers, qui réservent encore d'excellentes surprises.


1925, 1926, 1927


En 1925, une récolte prolifique produisit un gros volume de vins faibles, dilués et disgracieux, qui furent vite oubliés.

Le millésime 1926 ne donna qu'une petite récolte d'un vin dur et austère, mais qui sut résister à l'épreuve du temps. A Bordeaux, les châteaux Cos d'Estournel et La Mission Haut-Brion, entre autres, sont toujours pleins de vigueur et de fruit. Petite récolte de qualité en Alsace, en Bourgogne et en Champagne.

Quant à l'année 1927, elle fut partout désastreuse. La Champagne, envahit par le mildiou, produisit si peu qu'elle choisit de s'agrandir avec le vignoble de l'Aube.


1924


Beau millésime en Gironde, avec des vins complets et harmonieux, qui vieillirent avec grâce. Des réussites exceptionnelles en Médoc, dans les Graves et à St-Emilion. Les châteaux Margaux, Giscours, Léoville-Poyferré, Haut-Brion et Cheval-Blanc furent excellents jusqu'à la fin des années soixante. De nos jours, il convient d'être indulgent avec ces bouteilles.


1922, 1923


Deux années prolifiques, qui donnèrent des vins légers, faibles en couleur et en acidité. Il y eut néanmoins quelques bonnes surprises, notamment en Côte d'Or et à Chablis, où la récolte 1923 fut minuscule mais de grande qualité.


1921


Millésime exceptionnel. Après un été torride, on récolta des raisins gorgés de sucre, qui donnèrent un vin puissant et suave, d'un équilibre rayonnant.

La réussite fut partout éclatante, avec des Bourgogne blancs et rouges brillants de mille feux, des Champagne de légende et des Anjou d'une éternelle jeunesse.

Ce fut l'année du siècle pour les St-Emilion. Cheval-Blanc se présenta avec une telle opulence qu'il devint légendaire quelques années après sa naissance. Le climat fut également favorable aux Sauternes, et Yquem connut la même gloire que Cheval-Blanc.


1920


Grande année en Gironde et en Côte d'Or, avec des vins qui atteignirent des sommets en matière d'élégance et de raffinement. Moins riches que les opulents 1929, auxquels on les compara souvent, les 1920 étaient certainement plus distingués, plus subtils.

A Bordeaux, pratiquement tous les crus étaient exceptionnels, mais les plus remarquables furent les châteaux Latour et Cheval-Blanc. Aujourd'hui, plus de quatre-vingt dix ans après la récolte, les rares flacons qui ont été conservés sont malheureusement sur le déclin.


1917, 1918, 1919


En 1917 les vignes ont souffert du manque de main d'œuvre car la plupart des hommes étaient encore au front. En Champagne, les combats faisaient rage en plein cœur du vignoble. La qualité d'ensemble fut très moyenne.

Le millésime 1918, qui vit la fin des hostilités, connut un succès d'estime. Aujourd'hui, il ne présente plus qu'un intérêt historique.

Les vins de 1919, riches et concentrés en Côte d'Or, furent globalement décevants en Gironde, à l'exception du Château Latour. Redevenue française par le traité de Versailles, l'Alsace fêta ses retrouvailles avec une belle vendange.


1915, 1916


Remarquable en Bourgogne et en Champagne, le millésime 1915 fut médiocre à Bordeaux, où Latour et Mouton déclassèrent leurs vins.

L'année 1916 ne laissa pas un souvenir ému, sauf en Gironde. Tanniques et austères, les vins évoluèrent lentement mais sûrement. Les châteaux Latour, Mouton-Rothschild, Cantemerle et Malartic-Lagravière, entre autres, brillèrent par leur vigueur et leur distinction.


1912, 1913, 1914


Le millésime 1912 donna des vins légers et pâles qui se fanèrent très rapidement. En 1913, la vigne fut affectée par le mildiou et le vin souffrit d'un excès d'acidité.

En 1914, la guerre est déclarée. Les hommes partent au combat, les chevaux sont réquisitionnés et remplacés par des bœufs. Les femmes prennent la direction des vendanges. On connut alors une pénurie de main d'œuvre et beaucoup de vins restèrent trop longtemps sur fûts. Ils vieillirent prématurément, à l'exception des Champagne, qui furent excellents.


1911


Un été chaud et sec produisit un millésime classique, faible en volume, mais de qualité exceptionnelle. Des vins qui envoûtent encore aujourd'hui, en particulier les crus de Bourgogne, de Champagne et d'Alsace.

Les vins de Bordeaux, plus ternes en raison de conditions climatiques moins favorables, furent éclipsés par le succès de leurs brillants rivaux.


1907, 1908, 1909, 1910


En 1907, la vendange, très abondante, fut affectée par l'oïdium. Le résultat fut un vin frêle dont il ne reste rien aujourd'hui. Les deux années qui suivirent furent décevantes, en dépit des espoirs suscités par le millésime 1909, qui ne parvint pas à tenir ses promesses. En 1910, on parla de catastrophe du siècle, tant l'année fut désastreuse, en qualité comme en quantité.


1906


Grand millésime. Un été chaud et une récolte relativement réduite engendrèrent des vins riches et concentrés. De façon générale, le millésime s'est bien comporté dans le temps. En Gironde, les châteaux Haut-Brion et La Lagune se distinguèrent entre tous par leur vigueur et leur plénitude.

Excellents vins en Bourgogne, en Champagne et dans la Loire, avec mention spéciale pour l'Anjou et la Touraine.


1905


La joie des vignerons fut de bien courte durée. Aprés un millésime enchanteur comme 1904, ce fut une nouvelle désillusion en 1905, avec des vins médiocres, tout juste bons à tomber dans l'oubli.

Le Médoc fit exception avec des vins légers mais élégants, qui évoluèrent favorablement.


1904


Récolte abondante et conditions climatiques idéales. A Bordeaux, les Sauternes furent exceptionnels. Un siècle plus tard, sous leur robe d'ambre, ils peuvent être encore délicieux, avec des arômes tirant vers le caramel et la crème brûlée.

Bourgogne et Champagne furent pareillement excellents, tandis qu'en Provence, les félibres célébraient le Châteauneuf-du-Pape. Cette année-là, Frédéric Mistral reçut le prix Nobel de littérature.


1901, 1902, 1903


En 1901, des conditions climatiques difficiles engendrèrent des vins médiocres qui se vendirent à des prix dérisoires.

Le mildiou revint en force en 1902 et ruina les espérances d'une récolte abondante mais pas fameuse en raison d'une maturité insuffisante.

La malédiction se poursuivit en 1903 avec un vin chétif et fluet dont les négociants bordelais se débarrassèrent vite en l'expédiant à l'étranger.


1899, 1900


Deux années exceptionnelles, dont on compara longtemps les mérites, comme on le fit plus tard avec 1928 et 1929. L'abondance de la récolte 1900 entraîna la chute des cours, bien que la qualité fût indiscutable. Il y avait alors trop de bons vins sur le marché !

Ces deux millésimes devinrent des classiques et sont encore très prisés aujourd'hui, bien qu'il soit hasardeux de déboucher les bouteilles. Les grands crus de Bordeaux, goûtés sur place, au château, sont encore magnifiques. Les plus recherchés sont les châteaux Haut-Brion et Mouton-Rothschild 1899, Margaux, Lafite, Léoville Las Cases et Yquem 1900.

Les Millésimes du Vin

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